Le naufrage
Le chômage c'est comme un naufrage...
On est tranquille sur son beau bateau avec tout l'équipage avec aux commandes le capitaine qui semble sûr de lui et qui nous rassure.
Puis une tempête arrive, celle qu'on a pas vue venir. Les vagues se font plus fortes. Et puis, sans savoir comment, le bateau chavire et prend l'eau. On essaye de s'accrocher. On crie pour entendre le nom d'un ami, d'un collègue. On entend les cris : Oui je suis là ! Par là ! Ici ! Non ici !
Et puis le bateau coule.
On se réveille sur une île déserte. On appelle. On est certainement pas le seul à être échoué sur cette île. On est certainement pas le seul rescapé.
Puis les jours passent. Alors on renonce de revoir quelqu'un. On explore les lieux. Heureusement l'île est abondante en fruits. Et puis, on peut pêcher du poisson aussi. Mais pas de viande. Fini le porc, le veau, le boeuf et même les légumes qu'on connaissaient trop bien et qu'on appréciaient plus à leur juste valeurs.
Au début, on fait la grâce matinée, on explore l'île en cherchant un lieu de passage, car on se dit, qu'après tout, ce n'est peut-être pas qu'une île et puis il y a peut-être d'autres habitants et avec un peu de chance, un village. Mais on fait le tour de la plage et on revient au point de départ.
Après, on se risque dans la forêt. Et on retombe sur un coin de plage. Les oiseaux chantent et semblent se moquer de notre infortune.
Alors on fini par s'installer. Par prendre ses points de repères comme lorsqu'on était sur le bateau qui semblait si solide.
Puis on se dit, il faut lutter. Alors on allume un grand feu dans l'espoir qu'un navire croise notre route et aperçoive le SOS. Mais rien.
On jette des bouteilles à la mer. Certaines reviennent sur la plage. Alors on les jettent à nouveau, jusqu'à ce qu'elles ne reviennent pas afin que quelqu'un les trouvent. Mais certaines reviennent vide, le papier aura coulé ou la bouteille.
Alors on s'installe encore un peu plus. Cette île devient notre maison, notre quotidien. Puis on manque de poisson alors il faut aller pêcher plus loin. Mais plus loin, c'est dangereux car on risque de se noyer, mais on y va quand même. Et puis un jour, on aperçoit un aileron. C'est un requin ! Alors on repart très vite sur la plage, effrayé.
Il faut plusieurs jours pour retourner à la mer. C'est dur de ne pas savoir nager. On essaye d'apprendre plus ou moins. Si on avait su, on aurait appris. Oui si on avait su...
On retourne à la mer pour pêcher des poissons. Mais les requins guettent. Alors on renonce. On ne mangera plus que des fruits. Toujours les mêmes, car on ne sait pas lesquels autres sont comestibles.
On est seul sur cette île, alors on espère que quelqu'un s'échoue pour partager un peu de notre vie. Toutes les nuits on rêve de fêtes et de galas avec mille personnes autour de nous. Le mâtin on se réveille seul.
Et puis, on commence par se faire un radeau de fortune. Il faut tout tenter pendant qu'on en a encore la force. On passe des mois à construire ce radeau qui doit nous conduire vers la liberté, la civilisation et retrouver enfin une vraie vie avec de vraie gens.
Le grand jour arrive, on est près. On a fait le plein d'eau et de provisions et on met, tant bien que mal, notre radeau à la mer. C'est difficile, mais à force de peine et de douleurs on y arrive enfin. Enfin ! On pagaie dur. Souquez ferme moussaillon !
L'île commence à disparaître. Cela fait un peu peur. Les jours passent. On se dit qu'on a peut-être eu tors. Puis au moment où on ne s'attendait plus à rien, on aperçoit un beau ! On fait des signes, on crie ! Qu'il nous voit ! Seigneur faite qu'il nous voit !
Mais le navire continu son chemin. On est un peu désespéré. Puis on reprend espoir. Si ce navire est passé par-là, c'est qu'on est sur la bonne voie maritime. Il y en aura d'autres. Alors on reprend espoir.
Et puis un jour, arrive une tempête. C'est horrible. On prie, on a peur de se noyer et de mourir.
Et puis... on se réveille sur une autre île. Alors on recommence... Et parfois on meurt sur l'île ou on se noie.