Furie
Un jour comme les autres. Il fait un peu plus frais, un peu plus gris peut-être... Un homme entre au bureau du CCAS de sa ville tranquillement. Puis soudain, toujours avec un calme apparent, il sort une arme. Et là, il tire et tue l'assistante sociale, et quatre autres travailleuses sociales. Puis il se tire la dernière balle dans la tête.
Que c'est-il passé ? Pourquoi en est-il arrivé là ?
Il était connu comme quelqu'un de calme, de gentil et de courtois. Mais ce jour-là, il n'en pouvait plus.
Il ne se plaignait jamais. Il avait pourtant lancé des appels au secours, non entendu.
Il n'était pas écouter. Il était eu RSA (en fait au RMI) et touchait 400 euro par mois. Il était au chômage et ne trouvait pas de travail. D'ailleurs, lorsque les gens sont au RMI, impossible de s'en sortir sans une véritable aide ! Il voyait bien qu'on ne le respectait plus. Il se sentait diminué. Il ne trouvait plus de sens à sa vie. Il était méprisé par les services sociaux. Son assistante sociale s'était adressé à lui plusieurs fois avec mépris.
Plusieurs fois,oui, plusieurs fois. Souvent. Trop souvent. Elle ne dira plus jamais rien. Les autres travailleuses sociales le connaissaient. Elles n'imaginaient pas qu'il leur tirerait dessus. D'ailleurs, elles ignoraient même qu'il avait une arme et qu'il savait s'en servir et même qu'il était capable de tuer. À présent, elles sont au courant. Le temps d'un instant, d'une fraction de secondes. Elles emporteront le secret dans leurs tombes.
Il n'en pouvait plus. Trop de fois méprisé par cette société. Il n'avait plus d'issues que celle-là. Avant de tirer, il a dit ce simple mot : désolé.
Il en avait marre de vivre. Marre de n'être personne dans cette société. Marre de ne pas avoir de travail et de profiter normalement de la vie comme tout le monde ! Marre d'être un zombie ! Marre de vivre avec 400 euros et d'être considéré comme un parasite. Il en avait marre de ne pas trouver une solution à ses problèmes. Personne n'a pu y répondre, ni le pôle-emploi, ni la maison pour l'emploi, ni le CCAS où son « instructrice » au RSA le suivait. Le suivait ? C'est beaucoup dire. Elle ne faisait rien. Pensait plus à se demander par qui elle allait se faire sauter le week-end et dans quelle fête elle serait inviter pour se gaver de cocaïne au point d'être tellement défoncée qu'elle ne savait plus le lendemain qui lui était passé dessus.
Elle reprenait son travail le lundi et laissait les choses se faire. Elle ne pouvait rien faire. Elle était inutile. À présent, elle est morte.
Et voilà. La vie continue. Cela a défrayé la chronique. Toute la ville est en émoi. Tous les médias en parle. Le gouvernement concerné va prendre des mesures.
Juste le temps de faire semblant. Juste le temps que les moutons oublient et votent aux prochaines élections pour l'insécurité.
Cet homme n'était pas un gangster. N'était pas un terroriste. N'était pas un délinquant.
Il en avait juste marre. Juste marre.
« Pour vous, je suis allé au plus profond de l'enfer... J'y suis revenu... et j'ai ce message à vous délivrez... ».
Bien sûr, tout ceci n'est qu'une fiction... qu'une fiction... qu'une fiction... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...