En chien de faience
Alors que je revenais de faire mes courses dans une autre ville où j'aime allé parce que j'aime dépenser mes sous et de l'essence aussi et que je rentrais chez moi dans ma belle voiture toute moche, qu'est ce que je vois qui attendait le bus comme une cruche alors qu'elle a une voiture ? Miss Cruella.
Alors, bon, moi je fais mine de rien, parce que j'ai pas envie qu'elle se jette sur ma vitre et m'arrache un bras. Parce que, faut pas croire, c'est méchante, ces petites bestioles là !
Elle me lance son regard étonné. Alors son regard étonné, je vous explique ce que c'est. Elle a une particularité bien à elle. Elle ouvre un peu la bouche pour gober les mouches. Malgré qu'elle s'est teinte en blonde très claire, je l'ai reconnu.
Bref, je suis au feu rouge, mais heureusement, je suis un peu plus loin, évitant ainsi qu'elle me bouffe un pneu.
Et là, en regardant dans le rétroviseur intérieur, je vois qu'elle me regarde. Je pense qu'elle me voit dans mon rétro de droite. Je fais comme si je la voyais pas, genre je regarde ailleurs et puis je regarde de nouveau. Pareil, elle me fixe toujours.
Hé ! Le feu est vert ! Ben oui, je roule ! Cinq minutes quoi !
Je rentre ma voiture dans le parking souterrain. Range mes commissions et je quitte de nouveau mon appartement, ce coup-ci à pied, pour me rendre au bureau de presse pour voir si j'ai gagné au loto. Parce que bon, on sait jamais non ? Je regarde au loin si Cruella est toujours en attente de son tram... oui. Elle me voit et me tourne soudainement le dos même si on se trouve à 300 mètres environ, disons 200 mètres, l'un de l'autre. Je me dis que bon... tant mieux ! Et puis elle ne m'a peut-être pas vu...
Je me dirige donc vers mon bureau de presse pour voir si je suis devenu millionnaire parce que oui, j'avais jouer à l'euromillion pour devenir riche et ne plus adresser la parole à personne et faire mon fier à cul avec tout le monde. Mais j'ai pas gagné. Avouez que c'est pas de chance non ?
Donc, je retourne chez moi parce que je ne vais pas prendre racines au bureau de presse non plus.
Et chemin faisant, je pensais à Cruella. Pourquoi m'a t-elle regardé comme ça ? Elle qui ne veut plus me voir. En même temps, elle habite la même ville que moi... donc. Enfin, elle est dans une autre rue... mieux vaut nous éviter puisqu'elle me déteste tout plein. Enfin, c'est ce qu'elle dit, parce que bon, quand on déteste quelqu'un, je pense qu'on est indifférent à ce qu'il fait etc.
Et qu'est ce que je vois arrivé au loin ? Oui, Cruella ! Non mais attendez, je rêve là ? Elle ne pouvait pas continuer d'attendre son bus que de venir le prendre à l'arrêt de cette rue où je passe ? Ben si... Elle le fait.
Comme pour me défier, elle traverse juste devant mon nez de Cyrano en me lançant un regard... comment vous dire... genre le requin des dents de la mer quoi... Si si ! J'ai même eu peur ! C'est vous dire !
Bon, elle est passé sans me mordre, c'est déjà ça. Je me suis retourné, parce que ces bestioles là, si vous n'y faites gaffe, ça vient vous arracher un bras sans crier garde. Attendez ! Nous avons eu des attaques de loups dans notre région ! Mais rien ne dit que ce n'est pas des attaques de Cruella d'abord ! Parce qu'on accuse les loups, on accuse les loups... mais bon. Moi je la crois bien capable de s'attaquer et de bouffer un mouton hein !
Bref. Je rentre chez moi perplexe. Pourquoi a-t-elle voulu me revoir ? Parce que je sais que ce n'est pas un hasard.
C'est marrant ça. Elle me déteste... et partout... à quelques personnes, elle demande de mes nouvelles ou autre chose...
J'essaye de l'oublier. Mais elle ? Est-ce qu'elle y parvient ?
Je me dis que c'est vraiment con. Parce que j'ai bien l'impression que ces sentiments sont bien loin d'être aussi hostiles à mon égard qu'elle veut le faire croire ou plutôt s'en convaincre elle-même.
Toutefois, après ce qui s'est passé, j'ai du mal à concevoir qu'on puisse de nouveau se parler un jour. Les blessures profondes qu'elle m'a infligé sont encore présente. Il y a aurait bien eu un remède, mais elle seule en avait la posséssion. Je sais que le temps passe et que c'est bien dommage... et plus il passe, plus les meilleurs souvenirs et l'espoir s'effacent.
Je l'aimais vraiment moi et ce n'était pas du faux, ce n'était pas pour son physique, par pour faire faire des galipettes (en pas que), pas pour sa situation, pas pour dire, regarder, je suis avec celle que tout le monde veut. Moi, je l'aimais vraiment et sincèremnt... tout simplement.
Oui, je trouve que c'est un beau gâchis. Bien sûr, j'ai ma part de responsabilité... mais elle, tant qu'elle ne le reconnaîtra pas, ça sera difficile de trouver un compromis.
Il suffirait qu'on se parle. Il suffirait qu'on se voit. Il suffirait qu'on s'assoit sur un banc. Il suffirait qu'on dialogue un tout petit peu.
Pas dans son bureau, je n'y retournerai jamais plus. Il faudrait qu'on se parle, parce que nous avons des choses à nous dire, j'en suis certain.
Je ne ferai pas le premier pas. Je sais qu'elle me rejetterait, même si son envie est tout autre. Il faudrait peut-être un miracle ou bien peu de choses pour qu'on puisse se retrouver et enfin se parler. Oublier les méchancetés qu'on s'est dit et aller de l'avant.
Oui, c'est bien dommage.
Le temps passe. Et je n'ai plus envie de souffrir. Il reste une chance, parce qu'il y a toujours une chance dans la vie, surtout quand les sentiments sont si fort. Et ils le sont. Ils restent présent. Je le sais. Je le sens.
Au lieu de passer son temps à me faire du mal, à me faire souffrir, elle pourrait l'utiliser à NOUS faire du bien.
Je ne l'attend plus. Le temps fait que d'autres femmes viennent à moi et je ne les repousserai pas toutes. Et tant pis pour elle. Tant pis pour moi.
Il y a une chose dont je suis certain, c'est qu'il y a quelque chose de très fort entre nous. Et c'est tout, sauf de la haine.