Quoi de neuf pour Victor. Plein de choses ces derniers jours.
D'abord il a eu un coup de téléphone de l'égoïste-meilleur ami qui lui a raconter tous ses exploits de photographe et ses exploits sexuels. Ha les vacances...
Bien sûr, Victor n'en prend pas, donc. En fait, pour la première fois, ça l'a saouler ses histoires.
Ensuite soeur éloignée lui a laisser un gentil message sur son répondeur comme quoi elle pensait très fort à lui. Cela faisait longtemps qu'elle ne lui avait pas dit cela. Bizarre. Mais bon, Victor a été contant quand même. Même si cela sonnait faux.
Puis il a vu aussi gentil frère qui lui a fait un grand signe de la main et à même gueuler dans la rue : ça va frangin ?! Trop loin pour répondre. Il a fait aussi un signe sans conviction, par politesse. Et puis quoi répondre. Ça va ? Non ça va pas.
Alors finalement il se souvient quand même de ses liens fraternels le frérot ?
Et pour finir, gentille soeur est passé le voir. Là Victor s'est dit que c'était un miracle. Tant de choses ne peuvent arriver sans que Bruce tout puissant, je veux dire Dieu Tout Puissant ne se mette de la partie.
Alors je vous voit heureux(es) pour lui. Je vous vois vous réjouir pour notre Victor.
Mais même si c'est gentil de la part de tout ces braves gens, il n'est pas heureux.
Parce que...

Ce soir Victor se retrouve comme tous les jours seul dans son appartement. Il n'a plus d'espoirs. Il ne croit plus en rien. Il n'a plus envie de passer chez ses parents. À quoi ça sert ? Il lui semble qu'ils n'en ont rien à faire de lui et ce n'est pas la première fois qu'il ressent cela. Il n'a plus envie de faire semblant d'être heureux. Il n'a plus envie d'afficher un sourire devant les gens dans cette société indifférente. Il n'a plus envie de faire comme si tout allait bien alors que tout va mal. Il se sent perdu. Il a envie de lancer des SOS, mais à qui ? Il n'a personne sur qui compter. Sa famille ? La bonne blague !
Il se sent plus proche de l'Exclu et il voudrait l'appeler mais n'ose pas et puis il ne répond plus lui non plus au téléphone. De nos jours, c'est silence radio. Il pense un peu à lui. Que devient-il ? Cela fait tellement de temps que personne ne pense plus à lui. Il est peut-être mort qui sait ? De toute façon, il y a plein de zombies dans ce monde, mais personne ne s'en rend compte. C'est un royaume de morts vivants et d'aveugles. Personne ne pense plus à personne.
Il se sent vraiment perdu. C'est fini. Il n'a plus envie de lutter, il sait que cela ne sert plus à rien. Il a débrancher son téléphone. Les mâtins, il le re-branche juste pour écouter s'il y a un message pour du boulot mais en vain. Il n'espère plus d'autres messages et puis il sait que personne ne l'aime. Il est seul, immensément seul dans un tunnel sans lumière.
Tout le monde croit qu'il peut s'en sortir et on a beau lui dire que cela arrivera, il sait très bien que tout cela ne sont que des mensonges. Tout n'est que échecs dans sa vie.
Il n'a plus d'espoir de trouver un travail. Plus d'espoir de trouver l'amour. Plus d'espoir du tout, tout simplement. Envie de dormir, tout le temps et pour toujours.
Il ferme ses volets, verrouille sa porte. Il n'attend plus personne et ne veut plus rien voir ni plus personne. La nuit, il se retrouve enfin dans le noir total et là il trouve le calme et la sérénité, la lumière lui est devenue insupportable depuis quelques mois déjà. Personne ne s'apercevra de son absence. Il n'a plus de raison d'être. Il en a marre de son quartier et de ses voisins. Il voudrait que la nuit soit éternelle et que le silence s'installe à tout jamais.
Mais Victor est comme tout le monde, il espère malgré tout un espoir. Quelque chose qui l'empêchera du pire et qui lui redonnera espoir. Il laisse une semaine à la vie, à la chance qu'il n'a jamais eu. Une dernière semaine comme un appel au secours.
Il aurait bien voulu qu'on l'aime Victor. Il aurait bien voulu être quelqu'un. Il aurait voulu qu'une fille l'aime, mais Sarah lui a bien prouver que personne ne l'aimait. Il aurait bien voulu que sa famille le comprenne, mais personne ne le comprend. Il aurait bien voulu que son meilleur ami comprenne qu'il se noyait. Mais « l'égoïste » n'a rien vu ou n'a rien voulu voir. C'était plus simple de fermer les yeux. Victor voulait juste de petites choses toutes simple. Mais même ça, il n'en avait pas le droit. Alors aujourd'hui....

Mes amis, nous allons laisser Victor et son destin. Peut-être que ça s'arrangera pour lui. Je sais que vous l'espérez toutes et tous. Moi aussi, je lui souhaite comme je le souhaite à celles et ceux qui sont dans le désespoir. Il y a des histoires qui finissent bien et l'espoir arrive le plus souvent. Alors espérons que Victor ai enfin son jour de chance et que quelqu'un va lui tendre sincèrement une fois la main.
Mais nous ne saurons pas. Non, je ne vous le dirai pas. Je ne veux pas l'espionner plus que cela. Je vais le laisser et j'ai une pensée pour lui. Lui qui nous a accompagner les soirs d'hivers, mais aussi les nuits d'été. Lui qui restait à son poste rien que pour nous. Notre mercenaire n'a même plus de contrat, il a sombré dans l'oubli.

Partons mes amis(es), je sais que cela vous fait de la peine de le quitter. Je sais que certaines et certains d'entre vous ne le veulent pas. Mais vous devez le faire. Que voulez vous faire pour lui ? Il ne sait même pas que vous existez. Il ne sait pas que je vous ai conté sa souffrance. Nous devons partir maintenant.
Bonne chance Victor.

Comme un fou va jeter à la mer, une bouteille vide et puis espère qu'on pourra lire à travers. SOS écrit avec de l'air, pour te dire que je me sens seul, je dessine à l'encre vide, un désert.

Tous les cris les sos partent dans les airs, dans l'eau laissent une trace, dans les écumes font la beauté.
Pris dans leurs vaisseaux de verres les messages luttent, mais les vagues ramènent en pluie d'étoiles sur les rochers.

Difficile d'appeler au secours. Lorsque les larmes nous oppresse comme des lianes nouées de stresses. Étouffe un peu plus les cris d'amours, de ceux qui sont dans la détresse et qui dans un dernier espoir disparaissent...

... Contre le passé y'a rien à faire. Il faudrait changer les héros dans un monde où le plus beau reste à faire.*

* petit extrait qui n'est pas de moi.