Victor avait mis sa télévision en marche histoire de ne pas être seul. Et là, il tombe sur la passation de pouvoir entre Chirac et Sarkozy. Toute une cérémonie. Victor se dit que lui il n' a jamais briller en société. Qu'il n'a jamais été rien que l'ombre des autres. De sa famille, de ses amis et puis de Sarah qui ne l'aimait même pas. Il n'existe pas. Il n'est rien qu'un chômeur. Avant ça allait. Il travaillait et il avait au moins sa dignité. Dignité. Qu'est ce que ce mot veut dire lorsqu'on rentre à la maison est que les pièces sont glaciales. Lorsque vous prenez vos repas seul devant votre poste de télévision.
Alors il regarde la nouvelle reine de France, Cécilia Sarkozy, entourée de ses petits princes et ses petites princesse. Elle attend son mari de Roi, courtisé par la Cour qui espère un petit mot de sa part en vue d'une nomination par son président de mari.
Mais Victor s'en fout de ça. Il ne les envi pas toute ses gens là. Non, pour lui, c'est un jour comme les autres. De toute façon, il n'a plus confiance à l'avenir. Ce n'est pas à cause de l'élection de Nicolas Sarkozy, lui ou un autre, de toute façon... Il n'a plus confiance dans le futur tout simplement. Il n'a plus d'avenir depuis qu'il sait que Sarah ne l'aime pas. Il n'a plus d'espoir depuis qu'il sait que l'employée de la boulangerie qu'il aimait en silence à un chéri dans sa vie. Heureusement qu'il n'a jamais avouer ses sentiments. De toute façon, les perdants comme lui n'ont pas le droit d'aimer.
C'est que pour lui, il n'y a pas de collier doré de Grand Chevalier. Pas de couronne de lauriers d'empereur et de héros grec. Pour lui, et depuis le début de son enfance, c'est la couronne d'épine. Le curé de la paroisse pourrait lui dire que c'est un privilège, car Jésus aussi n'a eut droit qu'à une couronne d'épine. Mais lui, n'est pas le fils de Dieu et ne sait pas faire de miracles et encore moins faire croire aux gens qu'il sait en faire. Il n'est pas un grand orateur. Et puis, il ne sait plus s'il croit encore en dieu. Il doute de tout. Il sait qu'il n'est rien. Rien que l'ombre de rien. Et c'est peu de chose en soi, il faut bien le reconnaître.
Il en a marre de faire semblant devant ses parents. Marre de faire semblant devant sa famille,ses voisins, ses amis et dans cette société où tout n'est que mensonges, trahisons et faux-semblant. Tien ! Un peu comme cette cérémonie. Marre de faire semblant que tout va bien. Non ça ne va pas bien ! Ça n'a jamais été bien. Nulle part ! Jamais ! Il a envie de le crier à la terre entière ! Il n'arrive même plus à faire semblant de sourire pour sauver les apparences. Il n'a plus envie de rien tout simplement. Il n'a envie que d'une chose. Mais il préfère l'effacer de sa mémoire. Pour l'instant il n'a pas le courage.
Alors comme d'habitude, il va continuer à faire semblant de vivre. Jusqu'à quand ? Il ne sait pas. Jusqu'au jour où il aura le courage de tout effacer une bonne fois pour toute. Mais aujourd'hui, il se donne encore un coup de pied au cul. Essayer de sourire à l'extrême même s'il lui faudra des pinces de chirurgien pour le faire. Oui. Aujourd'hui, ils ne sauront pas. Ils resteront dans l'ignorance. Finalement, il se dit qu'il sait faire quelque chose. Tromper son monde. Pas pour lui faire du mal. Non. Pour cacher sa peine et son désespoir. On peut dire que depuis des années ça marche plutôt bien.