Depuis quelques temps, je regarde les épisodes de « plus belle la vie ». Oui, je vous assure. Alors, niveau cinématographique, ce n'est pas les Tudor (réveille-toi !), mais cela se laisse regarder gentiment. En plus, il y a de belles nana et pis tout ça, quoi. Moi, j'aime bien Barbara. Si si. Je l'aime bien. Elle est sympa, gentille, cuisinière etc. Bon, dans la vie, je ne sais pas si elle est comme ça. Mais son personnage, je l'aime bien.
Ce billet, contrairement à ce que vous pouvez en penser, ne traite pas du feuilleton « plus belle la vie » et de ses vedettes gentille et terminator aussi. Non, c'est tout autre chose.
Je regardais, hier, ce feuilleton et je me disais à moi-même, vu qu'il n'y avait personne d'autre à qui je pouvais parlé, que finalement, ma ville pourrait très bien être aussi sujette à une série sur le petit écran. Alors, j'en vois une qui craint là... mais qu'elle se rassure...
Oui, disais-je, ma ville pourrait être un feuilleton avec ses commerçants comme pour ceux du célèbre quartier, qui n'existe peut-être pas, de Marseille, par exemple. Il y un petit bistrot, etc. Bon, je connais pas tous les commerces  ni même tous les endroits et recoins de ma ville. Mais je vais bientôt les découvrir, parce ce matin que ne fut pas ma surprise de constater que les marquages ont changés et qu'il faut faire de tas de détours pour sortir de la ville. Oui, nous y sommes tellement bien que pour y entrer, ça va, c'est pour y ressortir que ça pose un problème.
Du coup, il y a deux fois plus d'embouteillage. Dans mon coin, c'est la catastrophe. Surtout dès qu'il fait moins jour. C'est un véritable combat de titan pour sortir de ma rue et pouvoir passer pour aller vers d'autres horizons. Je ne vous parle même pas des piétons qu'on ne voient pas arrivés et qu'on risque à chaque instant, si on n'y fait attention de renverser. Et comme il fait jour moins tôt, à 8 heure du matin, c'est un vrai parcours du combattant. Ça notre bon maire n'y prête pas grande attention mais c'est pas grave il est magnifique et on l'aime quand même. On va dire ça comme ça. Il faut dire que je l'immortalise, et si je mettais son nom, il resterait peut-être dans l'histoire... parce que, c'est moi, Karleman qui parle de lui.
Il ferait un bon personnage de feuilleton, lui, tien.
Il y a beaucoup de personnages typique dans ma ville. Même moi, je pense que je pourrais faire un bon personnage. Si si. Et comme ça, je pourrais m'écrire le bon rôle. Bien qu'il y aurait beaucoup à raconter sur d'autres personnes très intéressantes. Par exemple. Du monsieur très pauvre et qui me semble être psychologiquement fragile et qui pourtant vit dans la rue la plupart du temps été comme hiver. Mais apparemment, cela ne dérange pas les services sociaux et j'ai rarement vu quelqu'un intervenir. Je ne dis pas que personne ne fait rien, mais je ne les ai pas vue moi-même. En même temps, je ne suis pas derrière les faits et gestes des personnes du CCAS de ma ville mais si il y a actions sociales faitent, elles sont peu visibles pour ne pas dire invisibles mais peut-être qu'elles ont déjà pris des mesures, très discrètes, afin d'aider ce pauvre homme. C'est à souhaiter pour lui.
Il y a un monsieur retraité qui est devenu sans-domicile-fixe suite à l'incendie de son appartement. Là aussi, cela pourrait être un personnage de « fiction » pour le feuilleton. Notez que souvent, la fiction dépasse la réalité. Pourquoi personne n'y prête attention ? Mystère. Enfin, quand je dis personne, ce n'est pas tout à fait vrai, ma boulangère, elle, y prête garde. Et pourtant elle n'est pas de gauche. Elle est même carrément à droite. Ma boulangère pourrait faire un bon personnage de feuilleton. Elle n'aime pas trop les chômeurs, mais elle aime bien discuter avec moi. Elle n'aime pas trop les étrangers mais soutien la cause de la famine en Afrique. En fait je ne la pense pas raciste parce qu'elle est gentille avec beaucoup de personnes de couleur.  Je pense qu'elle est un peu comme tout le monde et qu'elle n'a peur et qu'elle voit comme "étranger" que les personnes qu'elle ne connaît pas ou peu. Je me sens moi-même, depuis quelques temps déjà, un peu étranger à ma ville. Ne sommes nous pas l'étranger de l'autre tant que nous nous connaissons pas ?  Cela serait un bon thème pour un épisode tout ça.
Dans tous les cas, nous restons tous au courant de ce qui se passe dans le quartier grâce à notre boulangère. Elle est notre presse à défaut du journal qui ne se vend plus et du bistrot que presque plus personne ne fréquente, sauf les habitués.
Un autre personnage du feuilleton de ma ville serait la dame métisse que je vous ai quelque fois parlé. Elle est chic, élégante et je sais à présent, d'après ma boulangère, qu'elle est mariée et qu'elle a un bon métier.
Comme vous voyez, ma ville et mon quartier et ses alentours pourrait très bien servir de décor. Croyez-moi, il s'en passe dans une journée.
La jeune fille adorable qui vient se mettre assise dans le hall d'entrée de mon immeuble en attendant l'heure d'aller au lycée. Le gars qui a deux lévriers, chiens géants tout pelés. Tenez, leur maître, un peu plus petit d'ailleurs, fini par leur ressembler. Il a un nez tout pointu et il marche comme ses chiens. Mais non ! Pas à quatre pattes ! La policière municipale et son aide-sécurité de ville. Rien qu'à eux-deux, j'ai quoi de faire une dizaine d'épisodes. Un de mes facteurs qui dit bonjour à tout le monde à tout ceux qu'il connaît et qui prend encore le temps, et aujourd'hui c'est rare, de discuter un peu avec les gens.
Bref, j'ai une autre douzaine d'exemples comme ça, tout aussi intéressant.
Et puis, il y a une dame ou demoiselle. Une jolie brune que je vois depuis le début. Elle est sympathique comme tout. Je viens seulement de découvrir, il y a peu de temps, qu'elle habitait pas très loin de mon quartier. C'est une sorte de vedette et qui est aimée par beaucoup de gens. Une fille très populaire. Je la connais mal et j'ai l'impression d'être le seul dans mon quartier parce que beaucoup de gens l'apprécient. Et j'ai l'impression aussi qu'elle me connaît mieux que je la connais moi. Pourtant elle est très jolie. J'aurais dû m'en apercevoir plus tôt.
Oui, je pourrais faire un feuilleton de ma ville et je suis certain que vous pourriez en faire un de la votre. Parce qu'il y a toujours quelque chose à dire sur quelqu'un en bien, comme en mal. Notez, que moi, je n'ai pas dit de mal.
Un feuilleton ? Mais j'en ai fait un lorsque je vous parlais de celle qu'on ne va pas nommée. J'en ai fait une vedette de cette brune devenue blonde. On pourrait l'appeler Maryline... arf.
Nous sommes tous des personnages dans la vie. Nous jouons plus ou moins bien notre rôle. Nous jouons parfois des comédies, parfois des romances et parfois des drames.
Nous sommes tous quelqu'un et parfois même lorsque nous sommes personne. Être personne, c'est terrible. Et pourtant, c'est l'impression que j'ai. Alors, vous allez dire, nous sommes tous quelqu'un. Oui, nous sommes tous quelqu'un parce que nous existons dans l'esprit d'autres personnes. Et celle-ci existent aussi parce que notre esprit et notre visuel grave sur son disque dur l'existence des êtres que nous connaissons sans vraiment les connaître. Sauf s'il s'agit d'un proche. Et encore. Personne ne connaît personne. Nous sommes tous des personnages de fiction qui veulent tous exister. Et si c'est pour le premier rôle, c'est encore mieux que si c'est pour faire de la figuration. Bien que certaines personnes s'en contentent et n'ont souvent pas le choix.
Mais lorsque votre rôle n'existe plus. Lorsque vous avez cesser de plaire au public de la vie, aux gens ? Est-ce que vous existez encore lorsque vous n'êtes plus inscrit sur un carnet d'adresse ? Existons nous encore lorsque plus personne ne pense à nous ? Est-ce seulement possible ? Oui, tout est possible et même dans l'impossible ou l'improbable.
Nous voulons tous jouer notre vie et exister aux yeux des autres. Nous sommes tous des personnages de « plus belle la vie » dans notre ville et ceux des « desesperates Housewives », dans notre quartier. Ainsi va la vie.
Et lorsque nous n'existons plus, c'est un peu comme au théâtre, on dit : rideaux !
Et le rideau tombe sur notre existence.

La vie est une comédie et elle peut être une tragédie. Ainsi, je préfère la tragédie. Lorsque j'aurais cesser d'exister, et je sens bien que c'est sur le point de se produire, je mettrai en scène ma propre fin.
Parce que pour rentrer dans la légende, il n'y a pas trente-six solutions. Soit, il faut briller. Soit, il faut mourir.